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Télé Revue

Burlesque

Le rire est le propre de l’homme, disait Rabelais. C’est une réaction de plaisir spontanée qui peut être soit involontaire, soit déclenchée par un mot qui prête à équivoque ou par le spectacle d’une personne ou d’un groupe de personnes qui se retrouvent d’une manière imprévisible dans une situation insolite. Mais quand il s’agit de situations fabriquées où tout est volontairement fait pour conditionner le témoin de l’action et provoquer intentionnellement un rire forcé, les effets ne sont pas toujours ceux attendus et le bonheur espéré est rarement au rendez-vous. Les exemples ne manquent pas à la télévision. Tel est le cas de ces émissions dites de divertissement qui misent toujours sur des expédients faciles et excessivement galvaudés pour assurer le spectacle. L’exemple nous a été donné par cette série télévisée intitulée «Binatna», réalisée par le cinéaste Moussa Haddad et dont un épisode est diffusé en ce mois de Ramadhan, chaque soir, par l’ENTV.


Pour provoquer l’hilarité qui allait faire exploser le petit écran, on réunit les ingrédients censés faire mouche : une histoire farfelue, des acteurs qui ont fait leur preuve dans la comédie que l’on précipitera dans des circonstances grotesques. L’épisode de ce lundi en soirée nous a introduit dans une habitation cossue, supposée être déserte de ses occupants, qu’un couple de burlesques cambrioleurs devait mettre à sac. Pour l’occasion, un trio comique a été convoqué, composé de Bakhta, à la silhouette «appropriée» et aux répliques imparables, la comédienne de théâtre Fadhéla Hachemaoui, plus crédible sur les planches que dans un studio de télévision et Hakim Dekkar, qui a eu le Ramadhan précédent à incarner le futé personnage de Djeha, pour nous gratifier d’un moment censé être du pur délassement. Hélas. Pour toute distraction, le téléspectateur n’aura eu qu’à suivre les fades tribulations d’une mamie insomniaque et d’un couple qui se complaisait dans d’absurdes gesticulations.

G.Morad