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Les sanctions russes contre Tbilissi sont entrées en vigueur hier, en réaction à la crise autour des «espions» russes arrêtés en Géorgie, alors que cette ex-république soviétique est encore très dépendante, économiquement, de Moscou.
Tbilissi a remis lundi les quatre officiers russes arrêtés pour espionnage à la Russie via l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), mais ce geste «de bonne volonté», selon le président géorgien, n’a pas apaisé les tensions entre Moscou et Tbilissi. Après l’évacuation à la fin de la semaine dernière de son ambassade dans la capitale géorgienne, la Russie a annoncé lundi des sanctions, suspendant ses liaisons aériennes, terrestres et maritimes ainsi que ses services postaux avec la Géorgie. Le blocus des virements postaux risque de toucher sérieusement la population de Géorgie, alors que de nombreux Géorgiens travaillant en Russie envoient de l’argent à leurs familles.
Cette mesure pourrait s’étendre en outre aux banques, la Douma (chambre basse du Parlement russe) examinant la possibilité de limiter les virements bancaires vers certains pays. Près de 350 millions de dollars ont été envoyés officiellement de Russie en Géorgie par des Géorgiens en 2005 mais le volume réel pourrait tourner autour d’un milliard de dollars, a affirmé le président de la Douma Boris Gryzlov cité mardi par le quotidien Kommersant. Ces virements représentent entre 5,5% et 15,6% du PIB de la Géorgie qui s’élève à 6,4 milliards de dollars, ajoute le journal. Le géant gazier russe Gazprom a pour sa part indiqué que les livraisons de gaz à la Géorgie se poursuivaient «en régime normal». La Russie a été le plus important partenaire commercial de la Géorgie en 2005, représentant 14,5% des échanges extérieurs pour ce pays caucasien.
Mehdi B.