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H’lal alihoum, H’ram Alina

Eviter les erreurs du passé

Depuis quelque temps, les mosquées sont au cen-tre d’un enjeu qui risque de faire des étincelles qui pourraient conduire à un embrasement si des mesures énergiques ne sont pas prises. Le ministre des Affaires religieuses, en personne, est monté au créneau pour rappeler à l’ordre les imams et tenter de mettre le holà dans la gestion des mosquées.
Cette situation, qui n’est pas à vrai dire nouvelle, s’est accentuée avec la promulgation de la loi portant réconciliation nationale qui a conduit certains repentis à vouloir reprendre leurs activités antérieures. Cette confusion, née de la récente mesure promulguée pour les ramener pacifiquement dans le giron de la société algérienne, est le résultat d’une lecture (politique) personnalisée de la Charte.

Le retour de certaines personnalités du parti dissous ainsi que les déclarations d’autres ont encouragé cette lecture qui a laissé penser à des anciens militants que tout était, de nouveau, permis. Si les Algériens, dans leur immense majorité, sont profondément croyants et pratiquent la religion dans des lieux de culte -principalement en cette période de Ramadhan qui voit les mosquées faire «le plein»- ils sont restés méfiants aux discours religieux politiques, aussi variés et hétéroclites qu’ils puissent être. C’est, précisément, cette pratique que tente de réintroduire certains, qu’ils soient manipulés ou que leur comportement soit le produit de leur conviction. Le peuple algérien a tranché en septembre passé et a exprimé son attachement profond à la paix. Il a également rejeté la violence en tant que moyen de revendication ou de combat. Ce qui se passe actuellement en Irak, une guerre civile ouverte que les Américains désignent sous la pudique appellation d’affrontements interethniques, donne une idée précise de ce qui pourrait survenir si la politique et la conduite de la religion dans les lieux publics ne sont pas protégées par des garde-fous stricts et responsables. Cette situation est d’autant plus dangereuse que les «choses» au sommet de l’Etat ne sont pas très claires, en dépit des communiqués rassurants sur la santé du président de la République mais qui, néanmoins, inquiète de plus en plus d’Algériens.
L’amorce de la reprise économique, les mesures prises en faveur d’un apaisement social, le desserrement de l’étau de la dette et l’aisance financière sont autant d’indicateurs qui militent en faveur d’une crise dépassée et d’une paix réellement retrouvée mais qui reste fragile car otage d’évènements qu’il s’agit de maîtriser. Même si quelques-uns d’entre eux échappent à tout contrôle.

Miloud Horr