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Toxicomanie et violences sexuelles chez les mineurs
1.027 délits de délinquance juvénile au 1er trimestre 2006
La cellule de protection contre la délinquance juvénile du groupement de la Gendarmerie nationale d’Alger vient d’annoncer que 1.027 délits de délinquance juvénile ont été enregistrés au cours du 1er trimestre 2006.
L’information a été donnée lors d’une rencontre de sensibilisation concernant la lutte contre la violence et la toxicomanie en milieu scolaire, organisée lundi dernier au niveau du lycée Djamel Eddine El Afghani, à El Harrach.
Face aux lycéens, le responsable de la cellule est revenu sur l’abominable affaire du viol perpétré au cours de cette année par un hadj de 54 ans, sur 8 jeunes filles dans la localité de Cheraga.
Le cheikh, père de cinq enfants, a utilisé, selon le rapport de la brigade de Bouchaoui, des psychotropes pour commettre son forfait.
Des photos de ses victimes nues seront prises, ce qui lui permettra de récidiver par le chantage. Il est poursuivi pour trois chefs d’inculpation au niveau du tribunal de Bir Mourad Raïs : viol sur mineurs, attentat à la pudeur et usage de psychotropes.
Après avoir écouté les péripéties de cet acte ignoble, les organisateurs de cette journée de sensibilisation ont projeté un film documentaire montrant les visages voilés et, oh ! combien tristes des mineures victimes de viols terroristes ou autres. Le film est relayé par les explications fortement utiles d’une psychologue, une sociologue, une juge chargée de la délinquance juvénile et un médecin légiste. Tous ces spécialistes sont d’accord pour dire que la promiscuité, les conflits sociaux, la pauvreté, les mauvaises fréquentations, l’Internet, la parabole, la vidéo et surtout la drogue sont derrière la recrudescence des viols.
Juste après la projection qui nous a donné des sueurs froides, le directeur de la cellule de protection contre la délinquance juvénile relevant de la gendarmerie nationale d’Alger nous a ramené tout de suite à la réalité des chiffres extrêmement intéressants sur la toxicomanie et les violences sexuelles. Ainsi, les affaires de crimes en milieu de la délinquance juvénile ont atteint, au 1er trimestre 2006, 1.027 cas de délits, contre 3.162 en 2005. Alors que les victimes de la délinquance pour toutes sortes de crimes sur la même période se situent à 923 cas. En ce qui concerne le nombre de victimes d’incitation à la débauche et de la prostitution, il est de seulement 10 cas au 1er trimestre 2006, contre 20 pour 2005.
A titre de comparaison, il nous a été signalé que l’année 2001 a enregistré une très grande proportion avec 154 délits. Pour ce qui est des agressions sexuelles sur mineurs durant les premiers huit mois de 2006, la Gendarmerie a constaté que le plus grand nombre concerne l’atteinte à la pudeur avec violence sur 193 mineurs, pour les deux sexes confondus, contre 209 mineurs en 2005. Quant au viol et la tentative de viol, il est de 90 cas dont 77 sur mineurs.
Les gendarmes ont enregistré également des kidnappings suivis d’agressions sexuelles dont ont été victimes 8 personnes parmi lesquelles 3 mineurs. Par ailleurs, la Gendarmerie est revenue sur les cas de mineurs complices de délits de consommation et de détention de drogue, soit 21 cas au 1er trimestre 2006, contre 42 pour toute l’année 2005 et 70 pour 2004.
Enfin, les membres de la cellule, après avoir prêté une oreille attentive aux interrogations des lycéens, notamment celles liées à la drogue, et suivi attentivement les conseils de la psychologue, ont donné rendez-vous à d’autres potaches dans un autre établissement scolaire pour une nouvelle journée de sensibilisation.
Abed Tilioua