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On croyait qu’avec l’offensive soutenue et intense de Belkhadem, dont on ne sait pas parfois lequel des deux Belkhadem a agi et parlé : le SG du FLN ou le Chef du gouvernement, l’Etat allait entrer dans le processus de sa totale FLNisation. Il y avait de quoi, et il y a encore de quoi puisque celui qui incarne l’Etat est aussi président du FLN et que le SG de ce parti est Chef du gouvernement. Puis, brutalement, c’est l’arrêt total, instantané, de l’offensive menée par Belkhadem, à la fois comme Chef du gouvernement et SG du FLN. Aussi bien le SG du FLN que le Chef du gouvernement se sont placés ou ont été placés dans une situation de retrait. Celle-ci peut mener inéluctablement à une sortie définitive du champ. Belkhadem, a-t-il été rappelé à l’ordre pour avoir fait passer ses aspirations pour des certitudes et avoir tenté de faire du FLN le lieu de réflexion et de décision pour ce qui concerne l’avenir du pays, comme au bon vieux temps du parti unique de la décennie 80?
Après un acharnement titanesque à dire ce que sera l’avenir, ou plutôt comment sera façonné l’avenir du pays et des institutions sans exclusion, Belkhadem semble pratiquement avoir été mis au piquet, si on considère qu’il n’a pas le tempérament à se placer lui-même au piquet. Rabah Kébir ne lui a pas tellement rendu service en disant qu’il s’était entretenu avec Belkhadem, Chef du gouvernement, à partir de son lieu d’asile. Le silence de Belkhadem pourrait être approché sous l’angle de son désaveu. Avait-il tous les pouvoirs pour donner des garanties à Kébir ? Etait-il habilité à lui faire des promesses ? Aussi bien Belkhadem que Rabah Kébir observent tous les deux une position de net retrait. Kébir a fini par comprendre qu’en rentrant au pays, il a perdu toutes les cartes qu’il croyait tenir quand il était en exil doré en Allemagne pendant que les deux anciens vrais chefs du FIS dissous croupissaient en prison. Sa rentrée a davantage divisé l’ancienne équipe de l’ex-FIS. Il sait maintenant que s’il crée un parti, ça ne sera qu’un petit parti, un «sounfour» comme disait Abassi des autres partis qui aspiraient à devenir grands mais qui savaient qu’ils ne le seraient jamais.
Bachir Medjahed